François Morellet Français, 1926-2016
« Morellet est le grand ironiste de l'abstraction — un homme qui a soumis la peinture à la rigueur des mathématiques et en est sorti avec des œuvres d'une légèreté, d'un humour et d'une beauté extraordinaires. »
François Morellet (1926–2016) est un artiste français et une figure centrale de l'art concret et systématique européen. Co-fondateur du GRAV (Groupe de Recherche d'Art Visuel) en 1960, il a consacré six décennies à développer une pratique rigoureuse et souvent drôle fondée sur des systèmes mathématiques, des opérations de hasard et les effets perceptuels de la forme géométrique. Ses peintures, installations au néon et interventions architecturales — gouvernées par des règles strictes qu'il subvertissait invariablement avec une douce ironie — comptent parmi les œuvres les plus intellectuellement satisfaisantes et visuellement précises de l'art d'après-guerre. Ses œuvres sont conservées au Centre Pompidou, au MoMA, à la Tate et dans de grandes collections internationales.
« Un système, c'est juste un piège que je me tends à moi-même — et ensuite j'aime trouver comment en sortir. »
François Morellet naît le 30 avril 1926 à Cholet, dans l'ouest de la France. Il travaille d'abord dans l'entreprise familiale de jouets et articles de fantaisie tout en commençant à peindre en autodidacte pendant son temps libre. Une visite au Museu de Arte Moderna de São Paulo en 1950, où il découvre des œuvres de Max Bill et d'autres artistes concrets, est décisive : elle réoriente entièrement sa pratique vers une abstraction géométrique gouvernée par la règle mathématique.
Dans les années 1950, Morellet développe son approche fondatrice : définir un système formel — une grille, un angle, une séquence mathématique — et l'appliquer à la toile avec une cohérence absolue. Crucialement, il choisit des systèmes d'une complexité telle que leur résultat visuel total reste imprévisible pour l'artiste lui-même, introduisant une forme structurelle de hasard dans ce qui semble être du pur rationalisme. Des œuvres de cette période, comme ses grilles de points distribués aléatoirement à partir de numéros d'annuaire téléphonique, sont à la fois élégantes conceptuellement et visuellement hypnotiques.
En 1960, il co-fonde le GRAV (Groupe de Recherche d'Art Visuel) avec Julio Le Parc, Yvaral et d'autres. Après la dissolution du GRAV en 1968, Morellet continue seul, se tournant de plus en plus vers le néon et les tubes fluorescents. Ses installations au néon, souvent intégrées directement dans des espaces architecturaux, jouent sur la tension entre la rigueur géométrique et l'affaissement organique du tube de néon. Il décède le 10 mai 2016 à Cholet.
Expositions majeures : Centre Pompidou, Paris (rétrospective 2011) ; Musée d'Art moderne de la Ville de Paris ; Tate Modern, Londres ; MoMA, New York ; Dia Art Foundation, New York.
Œuvres dans les collections publiques : Centre Pompidou, Paris ; Musée d'Art moderne de la Ville de Paris ; MoMA, New York ; Tate Modern, Londres ; Kunstmuseum Bâle ; Stedelijk Museum, Amsterdam.
Bibliographie sélective : François Morellet, Mais comment taire mes commentaires, ENSBA, 1999 ; François Morellet, Centre Pompidou, 2011.
