Alicja Kwade Polonaise-allemande, 1979

Présentation

« Kwade transforme l'objet quotidien en proposition philosophique — ses sculptures rendent visibles les forces invisibles du temps, de la gravité et de la perception qui structurent notre expérience du monde, mais que nous ne voyons presque jamais. »

Alicja Kwade (née en 1979 à Katowice, Pologne) est une artiste berlinoise d'origine polonaise-allemande dont les sculptures, installations et œuvres sur papier interrogent les limites de la perception, la nature du temps et l'instabilité philosophique de la réalité matérielle. Travaillant avec des objets trouvés, des surfaces miroir, des processus chimiques et des images cosmiques, elle transforme le familier en énigmatique — une pierre devient un cadran d'horloge, un tuyau de cuivre devient un cadran solaire, un jardin devient un modèle cosmologique. Représentée par König Galerie (Berlin) et Pace Gallery (New York), elle a été sélectionnée pour la Roof Garden Commission du Metropolitan Museum of Art en 2019 et pour la 57e Biennale de Venise.

Biographie

« Ce qui m'intéresse, c'est le moment où un objet perd sa fonction et devient autre chose — quand il cesse d'être une chose et commence à être une question. »

Alicja Kwade naît en 1979 à Katowice, en Pologne. Son père était scientifique culturel, galeriste et conservateur — un environnement qui a forgé très tôt sa conscience des objets comme porteurs de sens culturel. En 1987, sa famille fuit vers l'Allemagne de l'Ouest, et elle grandit à Hanovre. À dix-neuf ans, elle s'installe à Berlin, où elle étudie la sculpture à l'Universität der Künste de 1999 à 2005. En 2002, elle passe une année Erasmus au Chelsea College of Arts de Londres.

Sa pratique repose sur une enquête philosophique soutenue sur la nature du temps, de l'espace et de la perception — les structures invisibles qui façonnent notre expérience de la réalité physique. Elle travaille la sculpture, l'installation, la vidéo et les œuvres sur papier, revenant constamment à un ensemble de préoccupations : comment nous mesurons le temps, ce que "poids" et "matière" signifient réellement, comment la perception construit plutôt que reçoit simplement la réalité.

Ses sculptures impliquent souvent la transformation d'objets trouvés par des processus chimiques ou une manipulation structurelle. Une pierre est remplacée par une réplique précise en métal précieux ; un mécanisme d'horloge anime une aiguille en pierre qui ne peut indiquer l'heure ; des objets identiques sont présentés côte à côte comme si l'un était la "copie" de l'autre, déstabilisant toute prétention à l'originalité.

En 2017, elle participe à la 57e Biennale de Venise avec Pars Pro Toto, une installation cosmologique modélisant le système solaire à échelle humaine. En 2019, elle est sélectionnée pour la Roof Garden Commission annuelle du Metropolitan Museum of Art. Elle est professeure à l'Akademie der Bildenden Künste de Munich depuis 2022.

Bibliographie

Expositions majeures : Roof Garden Commission, Metropolitan Museum of Art, New York (2019) ; 57e Biennale de Venise (2017) ; König Galerie, Berlin ; Pace Gallery, New York ; Galerie Mennour, Paris.

Œuvres dans les collections : grands musées et collections privées internationales en Europe, aux États-Unis et en Asie.