Aboudia Ivoirien, 1983

Présentation

« Aboudia est le peintre de l'enfant des rues — ses toiles débordent de l'énergie brute de la jeunesse oubliée d'Abidjan, dans un langage qui doit autant à Basquiat et à Dubuffet qu'aux murs d'Abobo. »

Aboudia (né en 1983, Côte d'Ivoire), de son vrai nom Abdoulaye Diarrassouba, est un peintre ivoirien basé entre Abidjan et Brooklyn dont les toiles explosives, imprégnées de graffiti, en ont fait l'une des voix les plus saisissantes de l'art africain contemporain. Puisant dans l'imagerie de rue, les signes vernaculaires et les figures des quartiers populaires d'Abidjan — Abobo, Yopougon, Treichville — il crée des compositions denses et superposées d'une énergie hallucinatoire. Son travail a acquis une visibilité internationale lors de la crise post-électorale de 2011 en Côte d'Ivoire. Représenté par la Galerie Cécile Fakhoury, ses œuvres ont été exposées à New York, Londres, Bâle, Singapour et Hong Kong, et figurent dans de grandes collections internationales.

Biographie

« Je peins ce que je vois — des enfants qui jouent, des enfants qui souffrent, des enfants qui rêvent dans les rues d'Abidjan. C'est mon monde, et je le mets tout entier sur la toile. »

Abdoulaye Diarrassouba, dit Aboudia, naît le 21 octobre 1983 en Côte d'Ivoire. Il étudie à l'École des arts appliqués de Bingerville (diplômé en 2003), puis à l'Institut des Arts d'Abidjan (diplômé en 2005). Dès ses débuts, il est davantage attiré par le langage visuel de la rue que par la tradition académique : les graffitis, les signes et les figures tracés, projetés ou gravés sur les murs des quartiers populaires d'Abidjan deviennent son vocabulaire visuel premier.

Sa pratique est ancrée dans le concept de "nouchi" — un mot nouchi qui désigne la culture de rue des jeunes d'Abidjan, mêlant dioula, français et argot inventé. L'enfant des rues est sa figure centrale : insaisissable, résilient, expressif, et surtout vivant. Ses toiles se superposent en couches de peinture, de collage, de traces de graffiti et d'énergie gestuelle d'une manière qui rappelle Jean-Michel Basquiat et Jean Dubuffet, bien que le monde visuel d'Aboudia soit entièrement ancré dans la réalité spécifique d'Abidjan.

Lors de la crise post-électorale de 2011, quand la violence a éclaté près de son atelier, Aboudia a peint à travers le conflit — produisant une œuvre qui documentait le chaos et la terreur avec une force brute et urgente. Ces peintures lui ont valu une première reconnaissance internationale. Depuis, il expose à New York, Londres, Barcelone, Copenhague, Art Basel Miami Beach, Art Central Hong Kong et Art Basel Suisse, et son travail figure dans de grandes collections mondiales.

Bibliographie

Expositions majeures : Galerie Cécile Fakhoury, Abidjan & Paris ; Jack Bell Gallery, Londres ; OOA Gallery, Barcelone ; Art Basel Miami Beach ; Art Central Hong Kong ; Art Basel Suisse.

Œuvres dans les collections : grandes collections internationales aux États-Unis, en Europe et en Asie.

Bibliographie sélective : Monica Haven, Aboudia Abdoulaye Diarrassouba (monographie), 2015.