Jean-Paul Riopelle Canadien, 1923-2002
« Les toiles de Riopelle sont comme la nature sauvage qu'il aimait — vastes, indomptées, vivantes de lumière et de mouvement, parlant un langage qui n'appartient à aucune école, si ce n'est la sienne. »
Jean-Paul Riopelle (1923–2002) est un peintre et sculpteur canadien largement considéré comme l'un des plus grands artistes que son pays ait produits. Figure centrale du mouvement automatiste au Québec et présence majeure sur la scène parisienne des années 1950, il développe une abstraction lyrique et gestuelle caractérisée par de denses mosaïques de couleurs empâtées appliquées au couteau. Ses toiles monumentales vibrent d'une énergie contrôlée, évoquant le vaste paysage canadien. Ses œuvres sont conservées au Musée national des beaux-arts du Québec, au Centre Pompidou et à la Tate Modern.
« Peindre, ce n'est pas quelque chose qu'on décide de faire — c'est quelque chose qui vous fait, qui vous prend, qui vous fait disparaître en lui. »
Jean-Paul Riopelle naît le 7 octobre 1923 à Montréal. Il étudie à l'École des beaux-arts de Montréal puis à l'École du meuble, où il rencontre Paul-Émile Borduas, chef de file du mouvement automatiste. En 1948, il figure parmi les signataires du Refus global, le manifeste fondateur qui appelle à la libération de l'art et de la société des contraintes de la religion et du nationalisme au Québec.
Riopelle s'installe à Paris en 1947, où il intègre le bouillonnant avant-garde parisien. Il est l'un des rares artistes non français à être pris au sérieux par le milieu artistique parisien des années 1950, exposant aux côtés de Hartung, Soulages et de Staël. Son exposition de 1954 à la Pierre Matisse Gallery de New York lui assure une renommée internationale.
Sa technique signature consiste à appliquer une peinture épaisse directement du tube, puis à l'étendre au couteau en éventail, en mosaïques créant des surfaces d'une complexité visuelle extraordinaire. Les œuvres ainsi produites évoquent des paysages, des forêts, des étendues d'eau sans jamais se résoudre en représentation — énergie pure, structurée et pourtant libre.
À la fin de sa vie, Riopelle revient de plus en plus au Canada. Il décède le 12 mars 2002 sur l'Île-aux-Grues, au Québec. Le Musée national des beaux-arts du Québec conserve la collection la plus importante au monde de ses œuvres.
Expositions majeures : Pierre Matisse Gallery, New York (1954) ; Centre Pompidou, Paris ; Musée national des beaux-arts du Québec (collection permanente) ; Fondation Louis Vuitton, Paris (2023).
Œuvres dans les collections publiques : Musée national des beaux-arts du Québec ; Centre Pompidou, Paris ; Tate Modern, Londres ; Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.
Bibliographie sélective : Yseult Riopelle, Jean-Paul Riopelle : Catalogue raisonné, 6 vol., Hibou éditeur, 1999–2014 ; Guy Robert, Riopelle ou la poétique du geste, Éditions de l'Homme, 1970.
