Zao Wou-Ki Sino-français, 1920-2013
« Zao Wou-Ki est le peintre de l'invisible — celui qui transforme la lumière en matière et le silence en présence. »
Né à Pékin en 1920 et naturalisé français en 1964, Zao Wou-Ki est l'un des peintres les plus célébrés du XXe siècle. Formé à l'École des beaux-arts de Hangzhou, il s'installe à Paris en 1948, où il est profondément influencé par Paul Klee puis par l'abstraction occidentale. Ses toiles monumentales fusionnent la tradition calligraphique chinoise et le geste de l'expressionnisme abstrait américain, créant un langage pictural d'une puissance lyrique extraordinaire. Élu à l'Académie des beaux-arts en 2002, il reçoit le Grand prix national des arts en 1994. Ses œuvres sont conservées dans les plus grands musées du monde, dont le Centre Pompidou, la Tate Modern et le MoMA de New York.
« Sa peinture est une méditation sur la lumière, le temps et l'espace — un pont entre deux mondes, deux cultures, deux façons de voir. »
Zao Wou-Ki naît le 1er février 1920 à Pékin dans une famille de lettrés. Son père, banquier et amateur d'art, l'initie très tôt à la peinture classique chinoise. À treize ans, il est admis à l'École nationale des beaux-arts de Hangzhou, où il enseigne à son tour de 1941 à 1947.
En 1948, encouragé par l'exemple de Lin Fengmian, il s'installe à Paris avec sa première femme Lalan. La ville le transforme. Il découvre Paul Klee, dont l'œuvre lui ouvre une voie entre signe et abstraction, puis se lie d'amitié avec Henri Michaux, Alberto Giacometti et Joan Miró. Dans les années 1950, ses peintures s'affranchissent progressivement de toute référence figurative pour laisser place à un espace pictural entièrement nouveau : vibrant, stratifié, traversé de lumière.
Les années 1960–1970 marquent l'apogée de son expressionnisme lyrique. Ses grands formats — souvent des triptyques — évoquent des paysages intérieurs où s'affrontent et se fondent des forces atmosphériques. La touche est à la fois puissante et aérienne, l'espace indéterminé et pourtant pleinement habité.
Naturalisé français en 1964, il reçoit le Grand prix national de peinture en 1994 et est élu à l'Académie des beaux-arts en 2002. En 2003, une rétrospective majeure lui est consacrée au Grand Palais à Paris. Ses œuvres figurent dans les collections du Centre Pompidou, du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, de la Tate Modern, du MoMA et du Solomon R. Guggenheim Museum. Zao Wou-Ki s'éteint le 9 avril 2013 à Nyon, en Suisse.
Expositions majeures : Centre Pompidou, Paris (2003, rétrospective) ; Grand Palais, Paris (2003) ; Guggenheim Museum, New York ; Tate Modern, Londres ; Museum of Modern Art, New York.
Œuvres dans les collections publiques : Centre Pompidou, Paris ; Musée d'art moderne de la Ville de Paris ; Tate Modern, Londres ; MoMA, New York ; Solomon R. Guggenheim Museum, New York.
Bibliographie sélective : Zao Wou-Ki, Autoportrait, Fayard, 1988 ; Françoise Marquet & Yann Hendgen, Zao Wou-Ki, Cercle d'art, 1998 ; Dominique de Villepin, Zao Wou-Ki, Le pas suspendu, Herrmann, 2019.
