Arman Franco-américain, 1928-2005
« Arman ne peint pas le monde — il le collectionne, le compresse, le tranche et nous fait voir, dans l'accumulation muette des objets, tout ce que nous consommons et tout ce qui nous consume. »
Arman (1928–2005), né Armand Fernandez à Nice, est un artiste franco-américain et l'un des membres fondateurs du mouvement Nouveau Réalisme aux côtés de Yves Klein, Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. Il est célèbre avant tout pour ses Accumulations — vitrines bourrées d'objets identiques ou similaires, des violons aux réveils en passant par les masques à gaz — et pour ses Coupes et Brûlures, dans lesquelles les objets sont découpés, fracassés ou incinérés. Son œuvre est conservée au Centre Pompidou, au MoMA, au Guggenheim et au MAMAC de Nice.
« Mon art est l'art du plein — pas le vide, mais l'abondance, l'excès, le débordement des choses. »
Arman naît Armand Fernandez le 17 novembre 1928 à Nice. Il étudie à l'École nationale des arts décoratifs de Nice puis à l'École du Louvre à Paris. Une amitié profonde avec Yves Klein, qu'il connaît depuis l'enfance, oriente sa réflexion artistique. En 1960, il rejoint le groupe Nouveau Réalisme de Pierre Restany — engagé à incorporer directement la réalité de la vie urbaine et consumériste dans l'art.
Sa forme signature, l'Accumulation, émerge à la fin des années 1950 : vitrines, boîtes et blocs de polyester transparent remplis de quantités d'objets identiques ou apparentés — tubes de peinture, montres, masques à gaz, pièces automobiles, instruments de musique, cafetières. L'effet est paradoxal : banals pris individuellement, les objets deviennent, en masse, étrangement monumentaux — à la fois portrait et symptôme de la société de consommation.
Ses Coupes voient des objets — violons, meubles, figures en bronze — découpés en sections et montés, révélant leur structure interne. Ses Brûlures soumettent les objets au feu, créant des assemblages carbonisés qui évoquent la destruction et la transformation. Sa sculpture monumentale Long-Term Parking (1982), à la Fondation Cartier-Bresson près de Paris, est une tour de 18 mètres composée de 60 voitures incrustées dans du béton.
Arman devient citoyen américain en 1972 et partage sa vie entre New York et Nice. Il décède le 22 octobre 2005 à New York. Le MAMAC de Nice conserve la collection la plus complète au monde de ses œuvres.
Expositions majeures : Centre Pompidou, Paris ; MAMAC, Nice (collection permanente) ; Guggenheim Museum, New York ; MoMA, New York ; Fondation Cartier, Paris (Long-Term Parking, 1982).
Œuvres dans les collections publiques : Centre Pompidou, Paris ; MAMAC, Nice ; MoMA, New York ; Guggenheim Museum, New York ; Hirshhorn Museum, Washington D.C.
Bibliographie sélective : Pierre Restany, Arman, Abrams, 1998 ; Jan van der Marck, Arman, Abbeville Press, 1984.
